Dans ce témoignage, Fabrice revient sur son histoire familiale, ses racines et cette question parfois difficile : « D’où viens-tu vraiment ? » Son histoire commence loin de la métropole. Ses parents, instituteurs, sont partis très tôt vivre en Tunisie puis à La Réunion. Ses deux sœurs, plus âgées que lui, ont connu une partie de leur enfance dans ces territoires. Fabrice, lui, est né à La Réunion, sans avoir vécu l’expérience tunisienne de ses sœurs. Cette histoire familiale constitue pourtant une part importante de ses origines. Lorsque ses parents ont dû faire des choix pour la scolarité de leurs enfants, ses sœurs sont reparties en métropole pour poursuivre leurs études. Fabrice garde de cette période le sentiment d’avoir été privé d’une partie du temps qu’il aurait aimé partager avec elles. Puis la famille est revenue en métropole et a beaucoup déménagé. Les différents lieux de vie se sont succédé, jusqu’à ce que ses parents s’installent finalement à Mèze, il y a plus de trente ans. Pour Fabrice, Mèze est alors devenu progressivement un véritable point d’ancrage. Après une enfance marquée par les changements et les déménagements, il découvre l’importance d’avoir un endroit où la famille est présente, où se trouve la maison familiale et où peut se construire une véritable histoire. À l’époque, il ne mesure pas encore pleinement cette importance. C’est plus tard, en voyant ses propres enfants grandir et se poser à leur tour des questions sur leurs origines, qu’il comprend ce que représente réellement l’enracinement. La question « D’où es-tu ? » devient alors beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Avec le temps, après le décès de ses parents, Fabrice décide à son tour d’acheter à Mèze. Un choix profondément affectif, mais aussi un choix de transmission. Pour lui, cette ville est devenue une véritable « bouée de sauvetage », un repère géographique, culturel et historique. Il souhaite offrir à ses enfants cette stabilité et cet ancrage qui lui ont parfois manqué pendant son enfance. À travers son témoignage, Fabrice évoque donc bien plus qu’une succession de lieux de vie. Il parle d’identité, de famille, de transmission, de mémoire et du besoin de savoir où l’on appartient. Une histoire qui pose une question universelle : avons-nous besoin d’un lieu pour avoir le sentiment d’avoir des racines ?