Philippe : « Pourquoi est-ce si important pour moi de plaire ? »

Dans ce nouvel épisode de Raconte-moi, Philippe s’interroge sur son rapport aux autres, et notamment sur ce besoin qu’il ressent depuis longtemps : plaire.

Il reconnaît volontiers avoir un côté charmeur et explique que, lorsqu’il rencontre quelqu’un pour la première fois, il est très attentif à l’image qu’il renvoie. Sa tenue, son apparence, sa manière de parler, les réactions de l’autre… Philippe observe tout.

Et même lorsqu’il se retrouve face à une caméra, il reconnaît qu’il cherche instinctivement à donner le meilleur de lui-même.

Mais pourquoi est-il si important pour lui de plaire ?

Cette question l’amène à remonter jusqu’à son enfance et à un souvenir particulièrement précis.

Après avoir quitté Perpignan pour Nice avec sa famille, Philippe avait été confié à une nounou. Celle-ci avait un enfant de son âge. Philippe se souvient que chaque fois que cet enfant prenait un jouet, il voulait exactement celui qu’il avait dans les mains, alors que de nombreux autres jouets étaient disponibles autour de lui.

Pendant longtemps, il n’a pas compris ce comportement.

Puis, des années plus tard, en repensant à cette scène, un déclic s’est produit.

Et si ce n’était pas réellement le jouet qu’il voulait ?

Et si ce jouet représentait quelque chose que l’autre enfant possédait et que lui n’avait pas à ce moment-là ?

Philippe comprend alors que ce qu’il enviait peut-être chez cet enfant, c’était avant tout la présence de sa mère.

Cette prise de conscience l’amène à parler de la relation très forte qu’il entretenait avec sa propre mère. Il se souvient de sa beauté, des compliments que les autres lui faisaient à son sujet, mais surtout de cette phrase qu’elle lui disait chaque soir avant de fermer la porte de sa chambre :

« Bonne nuit, mon trésor. »

Pour Philippe, ces mots avaient une puissance considérable. Il se sentait aimé sans avoir besoin de faire quoi que ce soit pour mériter cet amour.

Avec le recul, il se demande si les absences de sa mère lorsqu’elle partait travailler n’ont pas laissé une trace dans sa construction personnelle.

Peut-être que le besoin de plaire, de faire bonne impression et d’être apprécié trouve en partie son origine dans cette peur ancienne de perdre une relation affective essentielle.

Philippe raconte ensuite comment, après son baccalauréat, il a progressivement cessé d’être le « bon fils » et commencé à suivre davantage ses propres envies, notamment en choisissant les arts plastiques.

Mais il garde de cette histoire une image particulièrement forte : celle d’une feuille de papier que l’on a pliée.

Même lorsqu’on la défroisse, la marque du pli reste visible.

Une belle réflexion sur l’enfance, l’amour maternel, le besoin de plaire, la construction de soi et ces petites traces du passé qui continuent parfois à influencer l’adulte que nous devenons.

🎙️ Raconte-moi
Donner la parole aux silencieux et les mélanger aux volubiles.