Yannick : « J’ai vu trois humains, pas trois gendarmes »

Yannick revient sur plusieurs décennies de souffrance et sur le long chemin qui lui a permis de retrouver progressivement une autre manière de regarder la vie.

Son histoire commence dans l’enfance, lorsqu’il découvre que sa mère est alcoolique. Pendant des années, il vit avec cette réalité sans véritablement comprendre ce qu’elle implique. Après le décès de sa mère, une autre souffrance apparaît : celle des questions sans réponse et des « et si ».

Yannick se demande longtemps s’il aurait pu intervenir, s’il aurait pu faire quelque chose pour empêcher certaines choses de se produire. Pendant près de dix-sept ans, il rumine ces interrogations et porte avec lui une forme de culpabilité.

Cette souffrance finit également par avoir de lourdes conséquences sur sa propre vie. Il traverse une période de dépression particulièrement difficile, durant laquelle il s’isole, ne mange presque plus, ne fait plus de sport, dort très peu et connaît des pensées extrêmement sombres.

Puis plusieurs événements vont progressivement modifier son quotidien.

Une invitation d’un ami à participer à un triathlon. Une sortie au stade. Une course. Une rencontre importante avec Camille.

Et surtout, une rencontre totalement inattendue avec des gendarmes à Frontignan.

Alors qu’il conduit dangereusement au milieu de la nuit dans un état psychologique très fragile, Yannick est arrêté. Il est en tort et aurait pu être sévèrement sanctionné. Mais les gendarmes choisissent une autre approche.

Ils prennent le temps de lui parler.

Lorsqu’il leur explique qu’il n’arrive pas à faire le deuil de sa mère, quelque chose se passe. Yannick ne voit plus trois représentants des forces de l’ordre : il voit trois êtres humains qui cherchent à l’aider.

Cette discussion d’une quinzaine de minutes va devenir pour lui un véritable déclic.

Les gendarmes lui rappellent qu’il n’est pas seul, qu’il a une famille et que ses actes peuvent également avoir des conséquences sur les autres.

À partir de là, Yannick commence à accepter davantage les propositions de ses proches. Il recommence à sortir, à faire du sport, à partager des moments avec ses amis.

Un événement en entraîne un autre.

Une rencontre en entraîne une autre.

Une action positive en entraîne une nouvelle.

Yannick appelle cela « l’enchaînement positif ».

À travers cette expérience, il a compris une chose essentielle : parfois, il faut simplement commencer par dire oui.

Oui à une invitation.
Oui à une rencontre.
Oui à une activité.
Oui à une main tendue.
Oui à quelque chose que l’on ne connaît pas encore.

Pour lui, accepter l’inconnu peut faire peur, mais cela peut également être le début d’un changement.

Un témoignage sur le deuil, la dépression, la reconstruction et surtout sur la force que peuvent avoir les rencontres humaines, l’amitié et les petits choix positifs qui, mis bout à bout, peuvent progressivement changer une vie.