Animateur, dessinateur, charbonnier, intérimaire, professionnel de l’événementiel… Stéphane a exercé de nombreux métiers au cours de sa vie.
Mais lorsqu’il revient sur son parcours professionnel, il ne parle pas simplement de métiers ou de salaires. Pour lui, chaque travail représente avant tout une expérience, une rencontre et une occasion d’apprendre quelque chose sur les autres et sur lui-même.
Stéphane explique pourquoi il n’a jamais réussi à considérer le travail comme une simple obligation destinée à attendre la fin du mois. Pour lui, travailler doit avoir du sens : se sentir utile, apporter quelque chose, participer à une dynamique et surtout rencontrer d’autres personnes.
Habitué à travailler en équipe, il reconnaît d’ailleurs que cette dimension collective lui manque aujourd’hui dans son activité associative. L’échange d’idées, les discussions, les problèmes à résoudre ensemble et cette forme d’effervescence lui ont toujours beaucoup apporté.
Son parcours comporte aussi quelques expériences beaucoup moins enthousiasmantes. Il raconte notamment ses deux jours d’intérim dans un entrepôt d’Intermarché à Pézenas, où son travail consistait essentiellement à marcher et balayer dans un immense entrepôt.
Une expérience qui lui a donné le sentiment de découvrir un travail totalement dépourvu de sens pour lui. Pourtant, Stéphane porte également un regard lucide sur les personnes qui y travaillent : pour certaines, ce travail représente simplement un moyen de faire vivre leur famille et de payer leurs dépenses.
Il raconte ensuite l’une de ses expériences professionnelles les plus incroyables : son passage dans une entreprise d’événementiel spécialisée dans les discothèques.
À seulement 18 ans, il y réalisait des affiches à la main et travaillait avec une équipe pour le moins originale. Une entreprise créative et passionnante, mais aussi très mal gérée.
Jusqu’au jour où un patron de discothèque mécontent débarque dans les locaux et retient Stéphane contre son gré pendant plusieurs heures.
Une histoire aussi improbable que révélatrice des coulisses de cette période.
Avec le recul, Stéphane garde pourtant davantage le souvenir des rencontres et de l’expérience humaine que des difficultés rencontrées. Même une procédure aux prud’hommes pour récupérer plusieurs mois de salaire reste pour lui un choix qu’il regrette aujourd’hui, car il n’a jamais réellement voulu en vouloir à ceux avec qui il avait partagé cette période.
Mais la plus belle partie de son témoignage arrive lorsqu’il parle de sa satisfaction professionnelle.
Pour Stéphane, la véritable réussite n’est pas la reconnaissance, l’argent ou la gloire. C’est le fait de pouvoir apporter quelque chose aux autres.
Il raconte notamment les animations nature qu’il a réalisées avec des personnes présentant une déficience intellectuelle ou psychique : pêche aux crabes, découverte des plantes, observation des insectes…
Des activités qui ont laissé des souvenirs bien plus durables qu’il ne l’imaginait.
Un jour, alors qu’il se baigne à Mèze, il retrouve par hasard certaines de ces personnes. Elles se souviennent parfaitement de lui, des activités qu’il leur avait proposées et des moments qu’elles avaient vécus ensemble.
Pour Stéphane, cette rencontre représente la plus belle des récompenses.
Parce qu’au fond, sa plus grande satisfaction professionnelle est peut-être simplement celle-ci : avoir apporté quelque chose à quelqu’un et avoir laissé un souvenir positif dans sa vie.