Comment gérer une manifestation lorsqu’on est policier ? Où placer la limite entre le droit de manifester et la nécessité d’assurer la sécurité de tous ?
Dans ce témoignage, Séraphin revient sur son expérience de terrain dans l’encadrement des manifestations et explique comment il abordait ces situations parfois particulièrement tendues.
Pour lui, la gestion d’une manifestation ressemble à une véritable partie d’échecs : il faut observer, anticiper, dialoguer et adapter constamment le dispositif en fonction de l’évolution de la situation.
Séraphin raconte notamment l’importance qu’il accordait au dialogue avec les organisateurs des manifestations déclarées. Avant le rassemblement, il cherchait à échanger avec eux sur l’itinéraire et sur les conditions dans lesquelles la manifestation allait se dérouler.
Son approche reposait sur une idée essentielle : le droit de manifester doit être respecté. Le rôle des policiers n’est pas d’empêcher les citoyens de manifester, mais d’assurer leur sécurité, celle des autres personnes et la protection des biens.
Séraphin raconte également pourquoi il préférait être sur le terrain plutôt que de rester derrière un poste de commandement. Lorsqu’une situation risquait de devenir difficile, il choisissait d’aller directement au contact des manifestants, y compris lorsque ceux-ci étaient hostiles ou mécontents de la présence policière.
Mais son souvenir professionnel le plus marquant intervient à la fin de sa carrière, lors de la grande manifestation organisée à Dijon après les attentats contre Charlie Hebdo.
Près de 40 000 personnes s’étaient alors rassemblées dans les rues de la ville. Des citoyens de différentes confessions, de différentes sensibilités politiques et de différents horizons avaient participé à ce rassemblement.
Séraphin se souvient particulièrement de cette impression de communion et des nombreux gestes de solidarité adressés aux policiers.
Des citoyens venaient leur parler, les saluer, prendre des photos avec eux ou permettre à leurs enfants de s’approcher des forces de l’ordre.
Une atmosphère qui contraste fortement avec les manifestations beaucoup plus tendues auxquelles les policiers ont parfois été confrontés.
À travers ce récit, Séraphin partage donc une autre vision du maintien de l’ordre : celle du dialogue, du contact humain, de l’anticipation et de la recherche d’un équilibre entre liberté de manifester et sécurité collective.