Odile : « C’est en partant que j’ai compris d’où je venais »

Quelles sont nos racines ? Sommes-nous réellement attachés au territoire dans lequel nous sommes nés ? Et que reste-t-il de nos origines lorsque nous avons quitté notre région depuis longtemps ?

Dans cet échange, Odile raconte son rapport aux racines, à la terre, à sa famille et aux territoires qui ont construit son identité.

Installée à Mèze depuis quelques années, elle se considère progressivement comme Mèzoise. Mais cette nouvelle vie lui a fait prendre conscience d’une chose qu’elle n’avait jamais vraiment mesurée auparavant : son attachement profond à sa région d’origine, l’Île-de-France, et plus particulièrement à la Seine-et-Marne.

Les arbres, les chemins, les paysages de son enfance lui manquent. Ce n’est qu’en quittant cette région qu’Odile a véritablement compris à quel point elle faisait partie d’elle.

Cette prise de conscience l’amène également à réfléchir à ses racines familiales. Ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents étaient issus de milieux modestes et étaient agriculteurs ou paysans. La terre faisait donc partie intégrante de leur histoire.

Odile, qui appartient à la troisième génération éloignée du monde agricole, découvre pourtant qu’un lien profond avec la terre demeure en elle.

Elle s’interroge ainsi sur la manière dont les territoires façonnent les individus et les cultures. Elle aurait d’ailleurs aimé étudier la géographie sociale ou la sociologie géographique pour comprendre davantage ces liens entre les populations, les territoires et leur histoire.

Mais cette histoire est aussi celle de ses parents.

À 57 ans, Odile mesure la chance de pouvoir encore partager sa vie avec eux, alors qu’ils ont 87 et 88 ans. Elle raconte leur parcours, leur rencontre, leur couple, les épreuves traversées et la manière dont ils ont construit leur vie malgré des origines modestes.

Son père, revenu d’Algérie, devait initialement devenir agriculteur avant de se réorienter vers la maçonnerie. Il construira lui-même la maison familiale.

Sa mère a, quant à elle, accompagné des personnes âgées à domicile jusqu’à leur fin de vie, avant de se consacrer à sa famille.

De ses parents, Odile dit avoir reçu des valeurs essentielles : le courage, le sens de l’économie, l’amour de la nature, le goût de la lecture, la musique classique et surtout le respect des autres.

Elle évoque avec émotion cette transmission culturelle familiale et la chance qu’elle estime avoir eue de grandir auprès de parents qui, malgré leurs origines modestes, ont construit eux-mêmes leur culture et l’ont transmise à leurs enfants.

Un témoignage sur les racines, la transmission familiale, la mémoire, la terre, les territoires et ces liens invisibles qui continuent de nous définir, même lorsque nous avons choisi de partir ailleurs.

Parce que parfois, il faut quitter l’endroit où l’on est né pour comprendre à quel point il nous appartient.