Une famille séparée pendant 15 ans… puis réunie

Karine revient sur l’un des grands bouleversements de sa vie : la rupture avec une partie de sa famille, puis une réconciliation qui changera profondément son rapport à ses proches, à ses racines et au temps qui passe.

Seize ans auparavant, Karine choisit de vivre avec un homme musulman. Issue d’une famille pied-noir, elle se retrouve alors confrontée au rejet d’une partie de sa famille paternelle. Ses oncles, ses tantes et ses grands-parents lui tournent le dos.

Pendant quinze ans, Karine vit avec cette absence et ce manque de ses racines.

Puis, en 2019, pour ses 40 ans, sa famille revient vers elle. Elle peut enfin présenter son mari et ses enfants à ceux dont elle avait été séparée. Une réconciliation qui prend une dimension encore plus forte lorsque, moins d’un an plus tard, son grand-père disparaît.

Au moment de l’enterrement, Karine découvre également la tombe de son père, mort lorsqu’elle était enfant. Elle comprend alors que cette journée lui permet de faire simultanément le deuil de son grand-père et celui d’un père auquel elle n’avait jamais véritablement pu dire au revoir.

Cette expérience transforme son regard sur la vie. Elle prend conscience des quinze années perdues et comprend combien il est important de profiter de chaque instant avec les personnes que l’on aime.

Karine raconte également l’histoire de son grand-père, un homme profondément marqué par son passé de pied-noir et par la guerre d’Algérie. Ses récits, ses souvenirs et son accent sont devenus pour elle les symboles d’une histoire familiale et de racines qu’elle avait longtemps ressenties comme perdues.

Mais l’histoire prend une dimension encore plus forte lorsque son grand-père accepte finalement son mari. Après des années de rancœur et de préjugés, il lui présente ses excuses et va jusqu’à l’appeler « mon fils ».

Voir son mari discuter avec son grand-père, puis voir ses propres enfants assis sur les genoux de celui-ci, représente pour Karine un moment presque irréel et profondément magique.

La réconciliation permet également à Karine et à son grand-père de se pardonner mutuellement avant sa disparition, le 21 août 2020.

L’histoire de sa mère, elle aussi rejetée par la famille depuis de nombreuses années, vient compléter ce récit. Lorsque le grand-père est mourant, la grand-mère demande finalement à Karine de faire monter sa mère auprès d’elle.

Karine a alors le sentiment que la disparition du chef de famille a permis aux différents morceaux de son histoire familiale de se remettre en place.

Une histoire bouleversante sur les blessures familiales, les préjugés, les racines, le pardon et la possibilité de se retrouver malgré les années perdues.

Un témoignage qui rappelle surtout une chose : on ne sait jamais combien de temps il nous reste avec ceux que l’on aime.