Georges rend hommage à son père, un entrepreneur passionné et visionnaire de l’après-guerre. Radioélectricien et alarmiste, il a su bâtir sa propre entreprise à une époque où tout manquait, en fabriquant et en vendant des postes de radio artisanaux destinés notamment aux fermes de la région.
À moto, avec un poste attaché de chaque côté, il sillonnait les campagnes pour livrer et installer lui-même ses appareils. En pleine période de restrictions, il faisait preuve d’ingéniosité : pour obtenir les lampes indispensables à la fabrication de ses radios, il troquait des produits alimentaires — œufs, poulets, beurre, fromages — contre du matériel électrique. Une époque où l’on construisait avec peu, mais avec beaucoup d’audace.
Georges raconte aussi le meuble unique conçu sur mesure par un artisan menuisier : un immense poste combinant radio, tourne-disque et rangements pour vinyles. Un symbole d’un savoir-faire d’antan.
Des années plus tard, alors qu’il a repris l’entreprise familiale, un client revient avec un ancien poste fabriqué par son père. Grâce à de vieilles lampes conservées précieusement, l’appareil reprend vie. Un moment fort, chargé d’émotion, qui illustre la durabilité et la qualité du travail de son père.
Une histoire de transmission, de débrouillardise, d’entrepreneuriat et de mémoire familiale.