Philippe se livre sur son rapport à l’angoisse, à la mort et à lui-même. Il parle sans détour de ce qu’il considère comme une grande fragilité psychologique, une vulnérabilité qui influence profondément sa manière de vivre, de penser et de se projeter dans l’avenir. Ce manque de force intérieure nourrit chez lui un sentiment d’illégitimité, un manque de confiance, mais aussi une hypochondrie envahissante.
Convaincu en permanence qu’une maladie mortelle le menace, Philippe explique comment une angoisse en remplace immédiatement une autre, comme si le vide était insupportable. Cette peur constante l’empêche souvent de profiter pleinement de l’instant présent, car son esprit anticipe presque toujours une issue négative. Malgré tout, il affirme avoir appris à vivre avec cette anxiété, qui fait désormais partie intégrante de sa personnalité.
La mort occupe une place centrale dans ses pensées. Elle le terrifie, non pas de manière croissante avec l’âge, mais de façon constante. Plus encore que la mort elle-même, ce sont la maladie et la souffrance qui l’effraient. Bien qu’il comprenne intellectuellement certaines réflexions philosophiques qui invitent à relativiser la mort, il reconnaît être incapable de les appliquer dans son quotidien.
Fait paradoxal, la mort des autres l’angoisse moins que la sienne, même s’il sait qu’il serait profondément affecté par la perte de ses proches. Il évoque aussi sa sensibilité face à la disparition de certaines figures publiques qui ont marqué sa vie, révélant une émotion sincère et inattendue.
Enfin, Philippe parle de ce qu’il aimerait transmettre, notamment à ses enfants : la curiosité, une certaine sécurité matérielle, et peut-être malgré lui, ce besoin profond d’être apprécié. Il confie ne pas supporter de ne pas être aimé, sans pour autant renier ce qu’il est pour plaire aux autres. Un témoignage intime, honnête et troublant, qui met en lumière les contradictions humaines, la peur de la fin et le désir universel d’être reconnu.