Quand le conflit paralyse : vivre sans courage

Philippe se confie avec une grande honnêteté sur un trait fondamental de sa personnalité : son manque de courage. Il explique être né ainsi, peu combatif, peu enclin à l’affrontement, et comment cette fragilité l’a accompagné tout au long de sa vie, jusqu’à devenir un thème récurrent de sa poésie.

Face au conflit ou à l’autorité, Philippe se replie sur lui-même. Lorsqu’une personne parle plus fort ou impose sa domination, il se fige, incapable de répondre, même lorsqu’il sait intérieurement qu’il a raison. Il décrit cet état comme une véritable sidération, un « cerveau blanc », où toute capacité de réaction disparaît.

Cette absence de courage l’a profondément marqué dès l’enfance. Au collège, il a été le souffre-douleur, incapable de rendre les coups. Avec le temps, il a transformé cette vulnérabilité en une conviction humaniste : pour lui, la violence est quelque chose d’animal, qu’il faut dépasser et abandonner. Refuser la brutalité est devenu une valeur, presque un engagement moral.

Pourtant, Philippe reconnaît que cette posture a parfois été une faiblesse. Il confie toutefois une exception frappante : lorsqu’il s’agit de protéger sa femme ou ses enfants, une force instinctive peut émerger en lui, différente de tout ce qu’il connaît pour lui-même. Un instinct de protection qui révèle la complexité de son rapport au courage.

À travers ce témoignage sincère et nuancé, Philippe interroge la notion même de courage, entre fragilité, humanisme et instincts profonds. Une réflexion intime sur la peur, la non-violence et l’acceptation de soi.