Lucrèce partage un parcours de vie marqué par une scolarité atypique, une entrée tardive à l’école et un profond sentiment d’effacement. Arrivée en classe à l’âge de 9 ans, elle se retrouve immédiatement en décalage avec les autres élèves, accumulant des difficultés en lecture, en écriture et dans l’apprentissage scolaire. Les étiquettes sociales — enfant de parents divorcés, pupille de l’État — renforcent ce sentiment de mise à l’écart et influencent durablement son rapport à l’école.
Peu épanouie dans le système scolaire, Lucrèce quitte les études après l’obtention d’un BEP en couture, désireuse de devenir indépendante le plus tôt possible. Très jeune, elle entre dans le monde du travail et multiplie les expériences professionnelles : accompagnement des fins de vie, maisons de retraite, commerce, agroalimentaire, tertiaire. Un parcours riche, parfois difficile, mais formateur.
Parmi tous ces métiers, la couture reste celui qui l’a le plus marquée. Elle y trouve un espace de liberté, de création et d’expression personnelle. Accessoires de mariage réalisés à la main, robes, vêtements d’enfants… Chaque pièce est le reflet de son imaginaire. Pourtant, faute de reconnaissance et de conditions favorables, elle finit par s’en éloigner.
Avec beaucoup de sincérité, Lucrèce revient sur ses rêves, ses renoncements, et sur ce qu’elle aurait aimé oser plus tôt. Un témoignage sensible sur l’effacement, la résilience, la création et l’importance de croire en soi, même lorsque le système ou l’entourage ne vous y encourage pas.