Il voulait être militaire… il choisira les Beaux-Arts

Philippe revient sur son enfance, ses rêves et les choix qui ont façonné son parcours.

Enfant très sage, silencieux et observateur, il n’était pas du genre à faire des vagues. Il écoutait beaucoup, enregistrait tout, et revenait plus tard poser des questions à sa mère, avec qui il entretenait une relation très forte. Son père travaillant beaucoup, c’est auprès d’elle qu’il a construit un lien profond, basé sur le dialogue et la confiance. Elle ne lui a jamais dit qu’il était “trop petit pour comprendre”, mais prenait le temps de lui expliquer les choses avec des mots adaptés.

Philippe évoque aussi sa relation complexe avec sa petite sœur. Devenu grand frère à 10 ans après avoir longtemps été enfant unique, il reconnaît ne pas avoir su accueillir la tendresse qu’elle lui offrait. Trop pudique, incapable d’exprimer ou de recevoir l’affection, il a mis du temps à construire ce lien. C’est en quittant la maison que leur relation s’est transformée. Aujourd’hui, ils sont très proches.

Côté rêves d’enfant, il voulait devenir militaire. Pourtant, plus tard, il deviendra objecteur de conscience. Élève brillant en mathématiques, on le destinait à une grande école scientifique. Mais au lycée, tout bascule : les maths deviennent incompréhensibles, le bac doit être repassé, et c’est finalement grâce à une option arts plastiques qu’il découvre un univers plus vaste.

Au contact d’élèves passionnés d’art, de philosophie et de création, il ressent une ouverture, une respiration. Ce qui devait être un parcours scientifique devient une orientation artistique. Il choisit finalement les Beaux-Arts, au grand étonnement de ses parents.

Un témoignage sincère sur la sensibilité, la pudeur, les bifurcations inattendues et la manière dont une rencontre peut changer une trajectoire de vie.