Philippe revient sur son parcours scolaire, professionnel et personnel, ainsi que sur son rapport complexe à l’argent.
Élève sage, studieux et appliqué, il n’a connu qu’une seule retenue, pour avoir lu Boris Vian dans une école privée catholique au début des années 80. Un épisode presque anecdotique qui illustre déjà sa personnalité : curieux, discret mais capable d’affirmer ses goûts.
Enfant, il n’a jamais eu de vocation clairement définie. Un jour ébéniste, un temps motard, puis finalement sans véritable projet précis. C’est presque par hasard qu’il découvre l’école qui le mènera vers le monde de l’édition. Il fera toute sa carrière dans cet univers, d’abord dans la fabrication de livres, puis comme directeur de fabrication à Paris.
Mais le management ne lui correspond pas. Il comprend avec le temps qu’il n’est pas fait pour diriger, ni pour déléguer. Aujourd’hui, il exerce le métier de maquettiste, en mettant la forme au service du fond. Choix des typographies, équilibre des marges, structure visuelle : il traduit graphiquement l’intention des auteurs. Ce travail créatif et minutieux lui apporte un véritable épanouissement intellectuel et professionnel.
Philippe partage aussi son rapport très particulier à l’argent. Ancien « panier percé », il a longtemps dépensé pour combler un vide intérieur. En quittant la région parisienne, il a changé de mode de vie et appris à se détacher du superflu. Pourtant, il ressent encore une forme d’illégitimité à facturer son travail. Il pratique des tarifs très bas et a même refusé pendant plusieurs années des augmentations de salaire pour privilégier son équipe.
À travers ce témoignage, il évoque le doute, la générosité, le besoin de sens et la quête de cohérence entre ce que l’on fait et ce que l’on est.
Un échange authentique sur la vocation, la créativité, la légitimité et le rapport à l’argent.