Mathilde raconte son parcours artistique atypique, guidé par le théâtre, la liberté et le refus des cadres trop rigides. Issue d’un parcours scolaire classique en école publique de centre-ville, elle découvre très tôt le théâtre, une pratique qui devient rapidement essentielle dans sa vie. Du primaire au collège, puis dans un lycée théâtre en internat, elle se construit à travers la scène, les rencontres et une soif de liberté déjà très marquée.
Très jeune, à seulement 17 ans, Mathilde obtient son bac et choisit de poursuivre dans une école artistique plutôt qu’à l’université, consciente que le cadre académique ne lui conviendrait pas. Elle intègre l’INSAS à Bruxelles, où elle suit pendant quatre ans une formation en interprétation dramatique. Bien qu’enrichissante, cette expérience confirme son rejet d’un enseignement trop scolaire et théorique du théâtre.
Après la mort de son père, Mathilde ressent le besoin de vivre une vie plus simple et plus « normale ». Elle travaille un temps dans une pizzeria avant qu’une opportunité artistique ne la mène au Maroc pour un festival de théâtre. Cette expérience devient l’un des moments les plus marquants de sa vie : un mélange intense de création, de fête, de rencontres humaines et de liberté.
De retour au Maroc, elle participe à la création de la première compagnie de théâtre de rue marocaine inspirée du modèle français. Soutenue par l’Institut français, elle prend part à des tournées et à des projets artistiques engagés, où elle rencontre celui qui deviendra son mari. Ensemble, ils partagent une passion pour le théâtre de rue, l’art populaire et accessible à tous.
De retour en France, Mathilde traverse des périodes de galère, notamment en travaillant dans un parc d’attractions, avant de créer sa propre compagnie de théâtre de rue. Elle se bat seule pour faire exister ses projets dans un système qu’elle juge complexe et peu accueillant. Malgré les difficultés, elle monte des spectacles, développe une programmation de théâtre chez l’habitant et fédère une solide équipe bénévole.
Après le Covid, elle crée un spectacle en duo avec son mari, destiné à des publics souvent invisibilisés : détenus, centres sociaux, femmes victimes de violences. En parallèle, elle explore un nouveau terrain artistique en devenant chanteuse dans un groupe de rock punk, découvrant avec enthousiasme le monde de la musique.
Un témoignage sincère et puissant sur la création artistique, la liberté, la fatigue, la passion, l’engagement social et le besoin constant de se réinventer.