Aurélie : « J’aime vieillir » et je n’ai pas peur de mourir

Dans cette nouvelle histoire de « Raconte-moi », Aurélie porte un regard très personnel sur le temps qui passe, le vieillissement, la mort, la spiritualité et ce qu’elle aimerait laisser derrière elle.

Contrairement à beaucoup de personnes, Aurélie affirme qu’elle aime vieillir. Pour elle, l’âge apporte de la sagesse, de la maturité et une forme de douceur nouvelle face aux épreuves de la vie. Elle estime également avoir développé, avec les années, de meilleures qualités relationnelles et une capacité plus grande à choisir les personnes qui méritent réellement d’occuper une place dans sa vie.

Mais si elle accepte facilement les changements intérieurs liés à l’âge, son rapport à son corps a été plus complexe.

Pendant vingt ans, son activité professionnelle l’a amenée à entretenir un corps très physique, parfaitement maîtrisé et qui faisait partie intégrante de son image. Lorsqu’elle a arrêté, il y a quelques années, de donner la majorité de ses cours, elle a découvert un corps qui changeait progressivement.

Cette transformation a été difficile à accepter après vingt années passées avec un corps qu’elle avait l’habitude de voir comme « parfait ».

Aujourd’hui, Aurélie a pourtant appris à faire la paix avec son image. Elle continue à pratiquer une activité physique, mais elle le fait désormais pour son bien-être et non pour répondre à une exigence de perfection.

Elle assume davantage celle qu’elle est devenue et revendique une forme de liberté : si son apparence ne plaît pas, elle considère que chacun peut simplement passer son chemin.

Aurélie aborde également avec beaucoup de sérénité son rapport à la mort. Elle explique ne pas avoir peur de mourir. Ce qui lui paraît beaucoup plus difficile, c’est de perdre les autres.

Elle estime que si elle devait mourir demain, elle pourrait partir sereinement parce qu’elle a aujourd’hui le sentiment de vivre une vie heureuse, de faire ce qui lui plaît et surtout de pouvoir s’exprimer pleinement.

Cette liberté d’être elle-même rejoint sa conception très personnelle de la spiritualité.

Aurélie croit en l’Univers et considère que, d’une certaine manière, chacun participe à créer sa propre réalité. Pour elle, les pensées, les émotions et l’image que l’on a de soi peuvent avoir une influence sur notre manière de vivre et sur ce que l’on attire dans son existence.

Elle ne croit pas en un Dieu qui ferait les choses à sa place. Elle revendique au contraire sa responsabilité personnelle et affirme qu’elle doit avant tout croire en elle-même.

Sa spiritualité passe également par une attention portée aux énergies et aux vibrations. Elle évoque notamment le ronronnement d’un chat et les sensations de bien-être qu’il peut procurer. Pour Aurélie, certaines choses que l’on qualifie de spirituelles sont finalement très concrètes et appartiennent pleinement à notre expérience quotidienne.

Et lorsqu’elle réfléchit à ce qu’elle aimerait transmettre après son passage sur Terre, sa réponse est particulièrement touchante.

Aurélie aimerait que sa musique puisse continuer à toucher les cœurs.

Elle sait que la musique est intemporelle. Une chanson peut survivre à celui ou celle qui l’a créée et continuer à résonner longtemps après.

Ce qu’elle aimerait laisser derrière elle n’est donc pas nécessairement un objet ou un monument, mais une émotion, une voix, une mélodie et quelques chansons capables de continuer leur chemin dans la vie des autres.

Une histoire qui parle finalement de vieillissement, d’acceptation de soi, de liberté, de spiritualité et de transmission.

« Raconte-moi » donne la parole aux silencieux et les mélange aux volubiles.