Marcel revient sur les débuts de sa carrière militaire au 32e régiment du génie, en Allemagne. À seulement 24 ans, il prend la responsabilité d’une section dans une ancienne caserne allemande du XIXe siècle, aux conditions de vie difficiles. Très vite, il comprend que son rôle dépasse largement le cadre strictement militaire.
Souhaitant instaurer un véritable dialogue avec ses soldats, Marcel s’installe seul dans un local vétuste au pied du bâtiment, après en avoir fait chasser les rats. Non chauffé mais propice à l’échange, cet espace devient un lieu de confiance où les jeunes appelés viennent se confier : aspirations professionnelles, doutes sur l’avenir, conflits familiaux, chagrins d’amour. Il découvre alors que le commandement est avant tout une affaire d’écoute et d’humanité.
Au fil des années, Marcel évolue : chef de section, adjoint de capitaine, il change régulièrement de compagnie pour assurer la continuité du commandement. Il évoque aussi les tensions hiérarchiques, les réalités humaines de l’armée et les subtilités parfois complexes des relations professionnelles.
Après 33 ans de service, il quitte l’armée en 2003, à 54 ans et demi, à la suite de la professionnalisation des armées décidée sous la présidence de Jacques Chirac. Convaincu que son rôle d’officier n’a plus le même sens sans les appelés, il choisit de partir volontairement.
Commence alors une période plus difficile : reconversion, création d’un poste de direction dans le secteur social, contraintes administratives liées au cumul pension-salaire, puis recherche d’emploi à plus de 55 ans. Malgré plus de 150 candidatures, il se heurte aux réalités du marché du travail et à la question de l’âge.
Ce témoignage est celui d’un parcours marqué par l’engagement, le sens du devoir, l’humain au cœur du commandement, et les défis de la reconversion après une longue carrière militaire.