Ancienne conductrice de métro, agente de station, agente de maîtrise puis cadre en ressources humaines à la RATP, Marie-Claude livre un témoignage rare et lucide sur l’envers du décor des transports publics, la gestion des tensions, des grèves et l’évolution profonde du monde du travail.
Tout au long de son parcours, une ligne directrice n’a jamais changé : placer le voyageur au centre. Parce qu’elle a elle-même été utilisatrice des transports en commun pendant des années, elle a toujours considéré le client comme une personne captive, méritant respect, attention et responsabilité.
Marie-Claude raconte comment, en tant que cheffe de terminus et femme dans un univers très masculin dans les années 1980, elle a dû s’imposer, assumer des décisions difficiles et parfois sanctionner, au risque de déclencher des mouvements sociaux. Elle revient sur ces moments de tension, sur la pression syndicale, et sur la nécessité d’expliquer, de justifier et de tenir sa position avec calme et fermeté.
Elle partage aussi son regard sur la transformation de la RATP : l’automatisation des lignes, la disparition progressive de certains métiers, la fragmentation de l’entreprise en multiples structures, l’affaiblissement des syndicats et la précarisation des statuts. Selon elle, cette évolution entraîne une diminution des grèves, mais aussi une perte de protection pour les salariés.
Enfin, Marie-Claude évoque son expérience personnelle de conductrice, un métier qu’elle n’aurait pas pu exercer toute une vie, tant le besoin de contact humain était essentiel pour elle. Ce témoignage sincère et engagé offre une réflexion profonde sur le service public, l’autorité, la place des femmes, la responsabilité managériale et l’évolution des relations de travail.