Philippe n’est pas un homme de ruptures brutales ni de grands tournants spectaculaires. Il se décrit comme quelqu’un qui avance lentement, par petites évolutions, dans une continuité presque fluide. Pourtant, un événement inattendu est venu bouleverser en profondeur son rapport au monde, à la foi et à la mort.
Catholique croyant et pratiquant pendant plus de quarante ans, Philippe s’est toujours engagé pleinement dans sa foi, allant jusqu’à pratiquer seul dès l’adolescence. Issu d’une famille aux rapports contrastés à la religion, il a suivi son propre chemin spirituel avec conviction, sans jamais vivre sa croyance comme une simple habitude.
À 42 ans, la lecture du Traité d’athéologie de Michel Onfray provoque chez lui une prise de conscience soudaine : en refermant le livre, il comprend qu’il ne croit plus en Dieu. Une rupture nette, inattendue, presque instantanée, après toute une vie de pratique religieuse.
Ce basculement soulève des questions profondes, notamment face à la mort. Anxieux de nature, Philippe voyait dans la foi un filet de sécurité, une promesse d’après. Ce filet disparaît. Pourtant, contre toute attente, cette perte ne fait pas exploser ses angoisses : il n’est ni plus ni moins angoissé qu’avant. La foi n’avait jamais complètement apaisé sa peur de la mort — et son absence ne l’aggrave pas.
Ce témoignage intime explore la complexité du rapport à la croyance, à l’athéisme, à la peur de mourir et au bouleversement intellectuel que peut représenter un changement de conviction après la moitié d’une vie.